Ferrari solide et mesurée après des essais encourageants à Bahreïn
Meilleur temps des essais, kilométrage solide et fiabilité rassurante : Ferrari quitte Bahreïn avec des signaux positifs. Mais à Maranello, pas question de s’enflammer. Charles Leclerc comme Frédéric Vasseur préfèrent retenir la méthode et le potentiel de développement, rappelant que le championnat 2026 ne se jouera pas en février… mais sur la capacité à évoluer plus vite que les autres.
Ferrari a bouclé ses essais hivernaux 2026 sur une note très positive à Bahreïn. Meilleur temps absolu des trois journées pour Charles Leclerc en 1’31″992, plus de 130 tours couverts lors de la dernière séance et une SF-26 globalement fiable après quelques ajustements la veille : sur le papier, la Scuderia repart de Sakhir avec des indicateurs encourageants.
Mais à Maranello, on refuse de s’enflammer.
Le Monégasque a enchaîné performance pure et longs relais consistants vendredi. Pourtant, il insiste sur la prudence au moment d’interpréter les chronos.
« La journée d’essais s’est très bien déroulée, nous avons suivi notre programme et testé tout ce que nous avions prévu. En termes de performances, il est encore difficile de savoir où nous en sommes réellement, car les équipes cachent leur véritable niveau. »
Leclerc rappelle un principe immuable de la pré-saison : personne ne joue cartes sur table. « Il est donc important de ne pas trop se focaliser sur les temps au tour et de se préparer pour la première course. Nous allons progresser étape par étape et essayer de comprendre comment tirer le maximum de notre voiture. Nous avons beaucoup de données à analyser avant d’arriver à Melbourne et nous verrons comment les choses se passent une fois sur place. »
Le ton est mesuré. Ferrari a été rapide, oui. Mais l’essentiel, pour l’instant, reste la compréhension.
Fred Vasseur : priorité au kilométrage et au développement
Frédéric Vasseur partage cette ligne. Satisfait, mais sans triomphalisme. « Heureux, oui, mais nous devons garder en tête quel était notre objectif au départ. »
L’objectif, justement ? « Notre objectif était de parcourir beaucoup de kilomètres et je pense que cela s’est plutôt bien passé, de collecter des données, d’essayer de progresser séance après séance, et je crois que cela a fonctionné. »
Même discours au micro de Canal+ : « Honnêtement, si je suis heureux oui, mais ça n’a rien à voir avec les essais ! (…) On est arrivés en se disant qu’il faudrait faire un maximum de kilomètres, emmagasiner un maximum d’informations et je pense qu’on a rempli cette case. »
La performance brute, elle, reste impossible à situer précisément.
« La performance n’a rien à voir avec celle de Melbourne, on ne connait pas le niveau d’essence, les modes moteurs, on n’a pas utilisé les mêmes pneus, donc je ne m’emballe pas. »

Melbourne ne fera pas la saison
Le patron de la Scuderia va plus loin : le véritable enjeu de 2026 ne se jouera pas sur la première course. « Je ne veux pas dire que le résultat de Melbourne ne compte pas, car je préfère évidemment un bon résultat à un mauvais. »
Mais il insiste : « Le développement sera énorme au cours de la saison. Le plus important est la capacité de l’équipe à développer la voiture, à apporter rapidement des évolutions, bien plus que la performance lors de la première course. »
Et d’enfoncer le clou : « L’objectif de la saison sera de développer, de développer vite, donc il faut garder cette capacité d’innovation, et garder cette capacité à venir en piste rapidement avec les évolutions, car le championnat se jouera là-dessus. »
Pour Vasseur, l’histoire récente plaide pour la prudence : « Il y a deux ans c’était la Toro Rosso, l’an dernier la Williams, et ils n’ont pas été champions du monde pour autant. »
Une base saine, mais rien de plus
Ferrari quitte Bahreïn avec des chronos impressionnants, une fiabilité rassurante et un concept technique audacieux qui intrigue le paddock. Sur le plan opérationnel, l’objectif minimal — rouler, collecter, comprendre — a été rempli.
La Scuderia visera évidemment la victoire en Australie. Mais à écouter ses dirigeants, le vrai combat commencera après.
En 2026, la clé ne sera pas d’être le plus rapide en février. Ce sera d’être le plus efficace de mars à décembre.