Ferrari aurait du remporter la course sans un nouveau manque de lucidité stratégique

Le manque de lucidité des stratèges de Ferrari a sans doute encore couté une victoire à la Scuderia Ferrari ce dimanche, lors du premier Grand Prix de la saison 2026, en Australie. Si Mercedes a profité de la première voiture de sécurité virtuelle, Ferrari n'a pas saisie l'opportunité. Ce choix fait gagner presque 10 secondes à Mercedes sur la durée de la course, soit à peu près l'écart qui a séparé la Ferrari 3eme, du vainqueur.

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Ferrari aurait du remporter la course sans un nouveau manque de lucidité stratégique
Overtake Agency / Maxime Le Juste

Au Grand Prix d’Australie 2026, la lutte pour la victoire s’est jouée autant sur la piste qu’auprès des ingénieurs derrière les écrans de stratégie. Malgré une belle bagarre initiale entre Charles Leclerc et George Russell et un excellent rythme de SF-26 en début de course, Ferrari a laissé filer une opportunité clé qui aurait pu changer l’issue de l’épreuve.

La longévité des pneus, sous estimée

Dans cette course, le rythme de la course et l’usure réduite des pneumatiques rendaient envisageable une stratégie à un seul arrêt pour certaines équipes — notamment Mercedes. Les deux pilotes de l’écurie allemande, Russell et Kimi Antonelli, ont justement réussi à rallier l’arrivée avec un seul passage par les stands pour changer de pneus, basculant sur des gommes dures au moment opportun sous voiture de sécurité virtuelle.

Ferrari, elle, n’a effectué son unique arrêt qu’à mi-course et sous drapeau vert, ce qui signifiait passer au stand plus tard que ses concurrents directs et même si il s’agissait de la stratégie initialement optimale, l’équipe n’a pas su s’adapter aux évènements en piste. Leclerc et Lewis Hamilton ont ainsi perdu du temps en piste pendant qu’une majorité du peloton — et notamment Mercedes — avait déjà chaussé des pneus neufs plus tôt, tout en bénéficiant d’un arrêt presque gratuit.

En effet, sous voiture de sécurité virtuelle, la vitesse des F1 est réduite de 50%. Rentrer au stand pour changer de pneus coute donc deux fois moins de temps que d’habitude et permet de sauver 5 à 15 secondes. Ainsi lorsque la VSC apparait et que Russell n’a que 1 seconde d’avance sur Lewis Hamilton, il ressort des stands avec des pneus neufs, a seulement 10 secondes derrière Hamilton. Son arrêt ne lui a donc coûté en équivalent temps de piste seulement 10 secondes, facilement compensable avec des pneus neufs.

Les deux périodes de VSC manquées

Deux faits de course ont eu une importance stratégique cruciale :

La première VSC (Tour 11) — déclenchée après l’abandon d’Isack Hadjar — a offert une fenêtre idéale pour effectuer un arrêt à moindre coût de temps perdu (tant la pitlane est moins pénalisante sous VSC). Mercedes en a immédiatement profité en rentrant ses deux voitures au stand, alors que Ferrari a décidé de laisser Leclerc et Hamilton continuer sans changer de pneus.

La seconde VSC (Tour 16) — après l’abandon de Valtteri Bottas — aurait représenté une seconde opportunité stratégique. Toutefois, alors que le peloton a de nouveau vu la voie des stands ouverte, Ferrari a de nouveau choisi de rester en piste, espérant conserver une stratégie à un arrêt plus tardive qui aurait pu les remettre en position d’attaque. Cela n’a pas fonctionné.

À la suite de ces deux périodes neutres, Ferrari se retrouvait obligé de faire son unique arrêt sous drapeau vert, c’est-à-dire avec une perte de temps en piste beaucoup plus grande. Dès lors, Mercedes avait hérité d’une avance claire sur la piste, rendant la tâche beaucoup plus difficile pour Leclerc et Hamilton.

Pourquoi ce choix stratégique a coûté cher à Ferrari

Ferrari a défendu cette stratégie après la course, affirmant qu’elle n’avait « pas de regrets » et qu’elle pensait pouvoir tenir les pneus jusqu’à la mi-course sans perte de performance significative — une approche qu’elle estimait optimale sur le papier. Le team principal a également expliqué que l’écart de rythme pur avec Mercedes — estimé à plusieurs dixièmes par tour — rendait la victoire difficile à atteindre, indépendamment des arrêts stratégiques.

Cependant, plusieurs observateurs, pilotes et analystes ont critiqué ce choix. Lewis Hamilton lui-même a exprimé à plusieurs reprises à la radio que « au moins l’un de nous devait rentrer » pendant la première VSC, soulignant ainsi l’opportunité manquée.

En ne mettant pas tous ses oeufs dans le même panier, la Scuderia Ferrari aurait ainsi pu jouer avec Mercedes et potentiellement bénéficier du jeux des dépenses énergétiques de la batterie pour géner la tête de la course, profitant ainsi indirectement à son deuxième pilote sur une stratégie décalée.

Si on ne pourra désormais jamais savoir si la stratégie a vraiment eu un impact significatif désormais, il est important de noter que les stratégies vont devoir évoluer cette année, au vue du fonctionnement différent des monoplaces.

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