Pirelli confirme ses choix pour Monaco et Barcelone : du très tendre en Principauté, un cran plus agressif en Catalogne
Pirelli a communiqué aux équipes les pneus retenus pour les Grands Prix de Monaco et de Barcelone, deux rendez-vous aux exigences presque opposées. À Monte-Carlo, le manufacturier italien conserve le trio le plus tendre disponible avec les C3, C4 et C5. À Barcelone, le choix est plus stratégique : Pirelli descend d’un cran par rapport à l’an dernier avec les C2, C3 et C4, dans l’objectif assumé de favoriser davantage d’arrêts aux stands.
Monaco : C3, C4 et C5 pour un circuit sans dégradation
Pour le Grand Prix de Monaco, Pirelli a retenu les C3 en pneus durs, les C4 en pneus mediums et les C5 en pneus tendres. Il s’agit du trio le plus tendre de la gamme actuelle. Un choix logique pour un tracé urbain où les contraintes imposées aux gommes restent limitées par rapport à d’autres circuits du calendrier.
Dans son communiqué, Pirelli rappelle que « le circuit de Monte-Carlo a la vitesse moyenne la plus basse de tout le calendrier ». La piste serpente dans les rues de la Principauté, avec un asphalte très lisse et une dégradation quasiment inexistante. Dans ces conditions, les pneus les plus tendres sont nécessaires pour générer rapidement de l’adhérence et offrir un minimum d’écart de performance entre les composés.
L’intérêt de ce choix est double. D’abord, il permet aux pilotes de disposer de gommes capables de monter rapidement en température, un paramètre important sur un tracé lent où les longues lignes droites sont rares. Ensuite, il offre à Pirelli et aux équipes une plage d’utilisation plus adaptée à une course souvent verrouillée stratégiquement.
Mais à Monaco, le pneu ne suffit pas à créer du spectacle. Pirelli souligne que les dépassements y sont « extrêmement difficiles » en raison de l’étroitesse de la piste, où la précision des pilotes est essentielle pour éviter les rails. Même avec les gommes les plus tendres, la stratégie reste souvent contrainte par la position en piste. L’arrêt au stand y sert davantage à sécuriser une position qu’à construire une remontée.
Barcelone : un choix plus tendre pour forcer la stratégie
Le Grand Prix de Barcelone-Catalogne suivra une logique très différente. Sur le circuit catalan, Pirelli utilisera les C2 en pneus durs, les C3 en mediums et les C4 en tendres. Le manufacturier précise que cette sélection est « un cran plus tendre que l’an dernier ».
Ce choix est plus offensif. Barcelone est l’un des circuits les plus exigeants pour les pneus, notamment à cause de ses virages rapides, longs et chargés latéralement. Les monoplaces y sollicitent fortement les gommes, en particulier dans les longues courbes où l’énergie transmise au pneu provoque de la surchauffe et de la dégradation thermique.
Pirelli explique que le circuit espagnol est « très exigeant pour les pneus », à la fois par son tracé et par les températures, qui favorisent cette dégradation thermique. En choisissant des composés plus tendres, le manufacturier prend donc le risque de réduire la durée de vie des relais, mais avec une intention claire : rendre les stratégies moins figées.
L’objectif est explicitement assumé par Pirelli, qui indique vouloir « encourager un plus grand nombre d’arrêts aux stands pendant la course ». Avec des gommes plus tendres, les équipes pourraient être poussées vers des stratégies à deux arrêts, voire à davantage de variations selon la température de piste, la gestion de la dégradation et la position dans le trafic.
Deux circuits, deux philosophies
Le contraste entre Monaco et Barcelone résume bien le rôle des nominations pneumatiques en Formule 1. À Monaco, Pirelli choisit les pneus les plus tendres parce que le tracé ne dégrade presque pas les gommes. Le but est de donner de l’adhérence et de compenser la faible énergie imposée aux pneus.
À Barcelone, la logique est inverse. Le circuit use davantage les gommes, mais Pirelli choisit tout de même une sélection plus tendre que l’année précédente pour rendre la course plus stratégique. Le risque de dégradation devient alors un outil : il peut provoquer des écarts de rythme, ouvrir des fenêtres d’undercut et obliger les équipes à arbitrer entre performance pure et gestion des pneus.
Ces deux choix montrent aussi que la couleur affichée pendant un week-end ne dit pas tout. Le pneu « dur » de Monaco sera un C3, alors que le pneu « dur » de Barcelone sera un C2. La dénomination dur, medium ou tendre dépend donc uniquement des trois composés sélectionnés pour le Grand Prix, et non de leur position absolue dans toute la gamme.
À Monaco, la stratégie devrait rester dominée par la qualification et la position en piste. À Barcelone, en revanche, le choix plus tendre de Pirelli pourrait peser davantage sur le déroulement de la course, avec une gestion thermique et des arrêts aux stands probablement plus déterminants.