Isack Hadjar sanctionné plusieurs fois par la FIA pendant la course
Pénalisé à deux reprises lors du Grand Prix du Canada 2026, Isack Hadjar a quitté Montréal avec un résultat paradoxal. Le pilote Red Bull a conservé sa cinquième place à l’arrivée, mais sa course a été marquée par deux décisions des commissaires : une pénalité pour une défense trop agressive face à Charles Leclerc, puis une autre pour ne pas avoir suffisamment ralenti sous double drapeau jaune. Après l’épreuve, le Français n’a pas contesté ces sanctions, tandis que Leclerc a confirmé avoir accepté ses excuses.
Une défense trop appuyée face à Leclerc
La première sanction infligée à Isack Hadjar concerne son duel avec Charles Leclerc dans la deuxième partie du Grand Prix. Sous pression de la Ferrari, le pilote Red Bull a défendu sa position dans la ligne droite précédant le virage 13, avant la dernière chicane du circuit Gilles-Villeneuve.
Dans leur décision officielle, les commissaires ont retenu que « la voiture 6 a effectué plus d’un changement de direction pour défendre sa position ». L’infraction concerne une violation de l’Appendix L, Chapter IV, Article 2 b) du Code Sportif International, un article qui encadre notamment les changements de trajectoire en phase de défense.
La FIA précise que les commissaires ont examiné « les données du système de positionnement/marshalling, la vidéo et les images embarquées » avant de trancher. Leur conclusion est claire : « La voiture 6 défendait sa position contre la voiture 16 dans la ligne droite précédant le virage 13 et a effectué plus d’un changement de direction. »
Cette manœuvre a valu à Hadjar une pénalité de dix secondes. Elle n’a pas modifié son classement final, mais elle a confirmé que sa défense face à Leclerc avait dépassé la limite autorisée par le règlement.
Après l’arrivée, le Français a reconnu que la décision des commissaires était justifiée. Il a surtout expliqué avoir été en difficulté avec sa monoplace pendant la course, loin des sensations ressenties plus tôt dans le week-end.
« Les pénalités, honnêtement, avec du recul je pense qu’elles sont justes. Je n’étais pas dedans. J’avais tellement de mal avec la voiture… Je n’avais pas les sensations de samedi, en Sprint, ou en qualifications. Il faudra essayer de comprendre pourquoi mais j’étais tellement concentré à essayer de garder la voiture en piste que ça a rendu les choses difficiles. »
Leclerc juge la pénalité méritée, mais accepte les excuses
Charles Leclerc a lui aussi considéré que la sanction était logique. Le pilote Ferrari, quatrième à l’arrivée, a toutefois refusé d’envenimer l’incident. Le Monégasque a confirmé qu’Hadjar était venu s’excuser après la course, ce qui a contribué à désamorcer la situation.
« Je pense que la pénalité d’Isack est méritée. C’était un peu trop chaud, Isack est venu s’excuser. Mais c’est difficile de juger avec ces voitures. Il y a une telle différence de vitesse que dans les rétroviseurs, on ne se rend pas compte d’à quel point c’est difficile de voir correctement les choses. Je pense qu’il m’a vu arriver et qu’il s’est rendu compte qu’il est allé un peu loin. Cela arrive, ça m’est arrivé dans le passé, c’est comme ça. Je suis content d’avoir fini la course. Plus globalement, c’est un miracle d’avoir fini quatrième. Après un week-end aussi mauvais que celui-là… Je n’ai à aucun moment eu de bonnes sensations avec la voiture. »
Le discours de Leclerc rejoint finalement celui des commissaires : la pénalité était méritée, mais l’incident ne relevait pas d’une faute volontairement dangereuse. Le pilote Ferrari a surtout insisté sur la difficulté de piloter dans ces conditions, avec des écarts de vitesse importants et une visibilité limitée dans les rétroviseurs.
Pour Leclerc, ce résultat avait aussi valeur de soulagement. Après un week-end compliqué, le Monégasque a estimé que terminer quatrième relevait presque du miracle. L’incident avec Hadjar aurait pu compromettre cette arrivée dans les points, mais les deux pilotes ont finalement poursuivi leur course.
Une deuxième sanction pour les drapeaux jaunes
La défense face à Leclerc n’était pas le seul dossier concernant Isack Hadjar. Le pilote Red Bull a également été sanctionné pour ne pas avoir suffisamment ralenti sous double drapeau jaune au virage 13.
Dans le document officiel n°106, les commissaires indiquent que « la voiture 6 n’a pas ralenti sous double drapeau jaune au T13 ». L’incident a été relevé à 16h47 pendant la course. La FIA a retenu une violation de l’Appendix H, Article 2.5.5 b) du Code Sportif International, ainsi que de l’article B 1.8.4b du règlement FIA F1.
Cette fois, la sanction infligée est une pénalité de dix secondes en stop-and-go. Les commissaires précisent que cette sanction correspond à la pénalité standard pour ce type d’infraction.
La FIA explique avoir examiné « les données du système de positionnement/marshalling, la vidéo, le chronométrage, la télémétrie et les images embarquées ». Le rapport ajoute que « la télémétrie de la voiture 6 a clairement montré que le pilote n’avait pas effectué une réduction significative de vitesse dans la zone de double drapeau jaune, comme l’exige le règlement ».
Cette deuxième décision est particulièrement importante sur le plan réglementaire. Sous double drapeau jaune, un pilote doit ralentir de manière significative et se préparer à changer de trajectoire ou à s’arrêter. Les commissaires ont donc jugé que la réduction de vitesse de Hadjar n’était pas suffisante au regard des données disponibles.
Au final, ces deux pénalités donnent une lecture contrastée de la course du Français. D’un côté, Hadjar a signé une cinquième place solide au Canada, confirmant sa présence dans le groupe de tête. De l’autre, il a accumulé deux fautes sanctionnées par les commissaires, dans deux contextes différents : une défense irrégulière face à un adversaire direct, puis un non-respect des exigences liées aux drapeaux jaunes.
L’intéressé n’a pas contesté le verdict, préférant reconnaître ses difficultés en course. Pour Red Bull, le résultat reste positif sur le plan comptable, mais ces deux sanctions rappellent que Hadjar doit encore trouver le bon équilibre entre agressivité, maîtrise et discipline réglementaire.