Grand Prix du Canada – Essais Libres : Mercedes déjà devant, 3 drapeaux rouges
Kimi Antonelli a dominé l’unique séance d’essais libres du Grand Prix du Canada 2026, disputée vendredi sur le circuit Gilles-Villeneuve. Dans un week-end au format Sprint, cette seule heure de roulage devait permettre aux équipes de préparer à la fois les qualifications Sprint et la suite du week-end. Mais entre trois drapeaux rouges, plusieurs incidents et une piste encore délicate, la séance a surtout confirmé une chose : Mercedes a frappé très fort à Montréal.
Le classement final est limpide. Kimi Antonelli a signé le meilleur temps en 1:13.402, devant son coéquipier George Russell, relégué à 0.142 seconde. Derrière les deux W17, l’écart est déjà conséquent : Lewis Hamilton, troisième avec Ferrari, pointe à 0.774 seconde, devant Charles Leclerc à 0.953 et Max Verstappen à 0.964. Sur une séance aussi courte et perturbée, les chronos doivent toujours être interprétés avec prudence. Mais l’impression visuelle, elle, a été nette : Mercedes a semblé évoluer dans une autre fenêtre de performance.
Mercedes valide immédiatement ses nouveautés
Tous les regards étaient tournés vers les Flèches d’Argent avant le début de cette séance. Mercedes arrivait au Canada avec son premier package majeur d’évolutions de la saison sur la W17, dans un contexte déjà très favorable après les succès récents de Kimi Antonelli. L’objectif était clair : confirmer que l’avantage aperçu depuis plusieurs courses n’était pas seulement lié aux circuits précédents, mais bien à une base technique supérieure.
La réponse est arrivée rapidement. George Russell a d’abord pris les commandes de la séance, semblant très à l’aise sur le tracé montréalais, avant qu’Antonelli ne hausse encore le niveau une fois les pneus tendres chaussés. Le jeune Italien a bouclé son meilleur tour en 1:13.402, avec une marge suffisante pour devancer Russell et installer Mercedes aux deux premières places.
La performance est d’autant plus significative que cette séance était la seule disponible avant les enjeux compétitifs du week-end. Sur un format Sprint, les équipes n’ont pas trois heures pour corriger leur copie. Il faut comprendre vite, régler vite, et éviter les erreurs. Dans ce contexte, Mercedes a non seulement signé les deux meilleurs temps, mais aussi donné l’impression d’avoir immédiatement placé sa voiture dans la bonne fenêtre d’exploitation.
Pour Antonelli, cette séance prolonge aussi une dynamique personnelle impressionnante. Leader du championnat et déjà vainqueur des trois derniers Grands Prix avant ce rendez-vous canadien, l’Italien continue d’installer une forme d’autorité rare pour un pilote aussi jeune. À Montréal, il n’a pas seulement été rapide : il a semblé en confiance dans les zones où le circuit punit immédiatement le moindre excès.
Trois drapeaux rouges et une séance très hachée
Cette première heure canadienne n’a toutefois rien eu d’une séance propre. Le circuit Gilles-Villeneuve a rapidement rappelé sa réputation : murs proches, freinages violents, vibreurs agressifs et très peu de marge pour rattraper une erreur.
Le premier drapeau rouge est survenu après l’arrêt de Liam Lawson. Le pilote Racing Bulls a immobilisé sa monoplace après un problème technique, privant son équipe d’un temps de roulage précieux alors qu’elle apportait elle aussi des évolutions importantes. Dans un week-end Sprint, ce type d’incident coûte cher : chaque minute perdue limite la compréhension des pneus, du comportement aérodynamique et des réglages de base.
Alexander Albon a ensuite provoqué une nouvelle interruption après avoir touché le mur avec sa Williams. L’incident n’a pas eu de conséquence physique pour le pilote, mais les dégâts sur la monoplace ont perturbé le programme de l’équipe britannique. Selon le compte rendu transmis, l’accident s’est produit dans un épisode assez inhabituel, Albon ayant heurté une marmotte qui traversait la piste avant d’endommager sa voiture.
Le troisième drapeau rouge est venu d’Esteban Ocon. Le Français a perdu le contrôle de sa Haas après avoir pris trop de vibreur à la sortie du virage 7, avant de terminer dans le mur opposé. Son nez et son aileron avant se sont retrouvés sur la piste, obligeant la direction de course à interrompre une nouvelle fois la séance.
Ces interruptions ont profondément changé la physionomie des essais. Les longs relais ont été réduits, les simulations de préparation ont été découpées, et plusieurs équipes n’ont pas pu dérouler leur programme comme prévu. Cela donne encore plus de poids à la performance de Mercedes, capable de sortir immédiatement des chronos compétitifs dans une séance fragmentée.
Ferrari en poursuite, Red Bull pas encore au contact
Derrière les Mercedes, Ferrari a placé ses deux voitures aux troisième et quatrième rangs. Lewis Hamilton a terminé meilleur des autres, à 0.774 seconde d’Antonelli, devant Charles Leclerc, quatrième à 0.953 seconde. Le résultat est solide, mais l’écart avec Mercedes reste important, surtout sur un circuit où Hamilton possède pourtant des références exceptionnelles.
Le Britannique a aussi connu une séance agitée, avec un gros blocage de roue dans le dernier virage. Malgré cet épisode, il a conservé une place dans le top 3, ce qui confirme que Ferrari dispose d’une base compétitive. Mais à ce stade du week-end, la Scuderia semble davantage installée en chasseuse qu’en réelle menace directe pour Mercedes.
Max Verstappen a signé le cinquième temps avec Red Bull Racing, à 0.964 seconde. Le Néerlandais a semblé plus satisfait du comportement de sa voiture que lors de certains week-ends précédents, mais la RB22 n’a pas encore affiché le rythme nécessaire pour inquiéter directement les W17 sur un tour. Son classement le place néanmoins dans le match avec Ferrari, ce qui laisse une marge stratégique pour la suite du week-end.
Plus loin, McLaren a connu une séance discrète. Lando Norris s’est classé sixième à 1.397 seconde, juste devant Oscar Piastri, septième à 1.561 seconde. Les deux pilotes ont été gênés par une piste peu adhérente en début de séance, avec plusieurs blocages de roues. Le classement ne condamne pas McLaren, mais il suggère que l’équipe n’a pas encore trouvé le niveau affiché par Mercedes sur ce début de week-end.
Lindblad impressionne, Colapinto stoppé net
La bonne surprise de la séance est venue d’Arvid Lindblad. Le pilote Racing Bulls a signé le huitième temps, à 2.050 secondes, devant Nico Hülkenberg et Fernando Alonso. Dans un contexte compliqué pour son équipe, avec Lawson quasiment privé de roulage, le jeune Britannique a assumé seul une grande partie du programme. Sa présence dans le top 10 confirme une nouvelle fois sa capacité à performer rapidement dans des conditions difficiles.
Audi a aussi placé Nico Hülkenberg dans le top 10, neuvième, tandis que Gabriel Bortoleto a pris la onzième place. Aston Martin a vu Fernando Alonso se classer dixième, devant Lance Stroll, dix-septième. Williams a vécu une séance contrastée, avec Carlos Sainz quinzième et Alexander Albon quatorzième malgré son incident.
Chez Alpine, la journée a été plus compliquée. Pierre Gasly a terminé seizième, tandis que Franco Colapinto n’a couvert qu’un seul tour. L’Argentin a rapidement été stoppé par un problème technique, possiblement lié à la partie électrique du groupe propulseur selon le compte rendu transmis. Dans un week-end Sprint, perdre quasiment toute la seule séance d’essais libres représente un handicap majeur.
Une hiérarchie déjà dessinée avant le Sprint ?
Il faut rester prudent : une séance d’essais libres, surtout unique et interrompue trois fois, ne donne jamais une vérité absolue. Les charges d’essence, les modes moteur, l’état des pneus et les programmes de chaque équipe restent inconnus. Mais certains signaux sont difficiles à ignorer.
Mercedes a non seulement signé le doublé, mais l’a fait avec une avance nette sur Ferrari, Red Bull et McLaren. Antonelli confirme son statut de référence actuelle du championnat, Russell reste immédiatement dans son sillage, et les nouveautés de la W17 semblent fonctionner dès leur première apparition.
Derrière, Ferrari apparaît comme la première poursuivante, avec Hamilton et Leclerc bien placés mais encore trop loin au chronomètre. Red Bull semble progresser sans avoir encore retrouvé une position dominante. McLaren, de son côté, devra réagir rapidement si elle veut éviter de subir le rythme des Mercedes sur un week-end où les occasions de corriger les réglages sont très limitées.
Cette unique séance d’essais libres du Grand Prix du Canada a donc livré un double enseignement : Montréal reste un circuit impitoyable, et Mercedes aborde le Sprint avec une avance psychologique évidente. Entre les murs, les incidents et les évolutions techniques, le week-end canadien a à peine commencé, mais il a déjà envoyé un message clair au paddock.
Résultats des essais libres du Grand Prix de Miami, weekend sprint
| Pos. | No. | Pilote | Équipe | Temps / Écart | Tours |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 12 | Kimi Antonelli | Mercedes | 1:13.402 | 33 |
| 2 | 63 | George Russell | Mercedes | +0.142s | 35 |
| 3 | 44 | Lewis Hamilton | Ferrari | +0.774s | 36 |
| 4 | 16 | Charles Leclerc | Ferrari | +0.953s | 36 |
| 5 | 3 | Max Verstappen | Red Bull Racing | +0.964s | 31 |
| 6 | 1 | Lando Norris | McLaren | +1.397s | 32 |
| 7 | 81 | Oscar Piastri | McLaren | +1.561s | 32 |
| 8 | 41 | Arvid Lindblad | Racing Bulls | +2.050s | 33 |
| 9 | 27 | Nico Hülkenberg | Audi | +2.296s | 28 |
| 10 | 14 | Fernando Alonso | Aston Martin | +2.461s | 31 |
| 11 | 5 | Gabriel Bortoleto | Audi | +2.812s | 33 |
| 12 | 6 | Isack Hadjar | Red Bull Racing | +2.851s | 29 |
| 13 | 31 | Esteban Ocon | Haas F1 Team | +3.095s | 32 |
| 14 | 23 | Alexander Albon | Williams | +3.240s | 15 |
| 15 | 55 | Carlos Sainz | Williams | +3.258s | 36 |
| 16 | 10 | Pierre Gasly | Alpine | +3.407s | 29 |
| 17 | 18 | Lance Stroll | Aston Martin | +3.576s | 30 |
| 18 | 30 | Liam Lawson | Racing Bulls | +4.029s | 5 |
| 19 | 87 | Oliver Bearman | Haas F1 Team | +4.368s | 26 |
| 20 | 77 | Valtteri Bottas | Cadillac | +4.466s | 28 |
| 21 | 11 | Sergio Perez | Cadillac | +4.524s | 28 |
| 22 | 43 | Franco Colapinto | Alpine | — | 1 |