Fiabilité fragile, retard assumé : pourquoi Aston Martin termine l’hiver à court de tours

Freinée par des problèmes de fiabilité à répétition et un déficit de roulage préoccupant, Aston Martin quitte Bahreïn avec plus de questions que de certitudes. À deux semaines de Melbourne, l’AMR26 apparaît encore en phase d’apprentissage, entre moteur Honda perfectible et concept technique ambitieux.

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Fernando Alonso a été victime d’un accident lors des essais de pré-saison 2026 à Bahreïn ; son Aston Martin s’est immobilisée au virage 3.
Overtake Agency / Alexis Perrin

La pré-saison 2026 d’Aston Martin s’est achevée comme elle avait commencé : dans l’incertitude. Vendredi, à Bahreïn, l’AMR26 a été rentrée au garage plus de deux heures avant le drapeau à damier. Six tours seulement pour Lance Stroll, aucun chrono significatif, et un sentiment de travail inachevé à deux semaines de Melbourne.

Un épilogue frustrant, mais cohérent avec l’ensemble de l’hiver.

Un déficit de roulage qui interroge

Entre un shakedown tardif à Barcelone et les six journées d’essais à Sakhir, Aston Martin n’a cumulé qu’un peu plus de 400 tours, soit environ 2 115 kilomètres. À titre de comparaison, Mercedes a dépassé les 5 400 kilomètres sur la même période.

L’écart est massif. Et il ne s’explique pas par un simple choix stratégique.

L’AMR26 a été freinée par une série de problèmes touchant à la fois le groupe propulseur Honda et la boîte de vitesses. À cela s’ajoute un concept aérodynamique totalement nouveau, première création d’Adrian Newey pour l’équipe, dont l’intégration avec une carrosserie extrêmement compacte semble encore délicate.

L’association entre ce packaging serré et le nouveau moteur Honda soulève des questions, notamment en matière de refroidissement. Le bloc japonais, jugé en retrait en puissance et perfectible en fiabilité, a déjà connu plusieurs alertes.

L’incident Alonso, révélateur des tensions

Jeudi, Fernando Alonso n’a pu boucler que 68 tours avant de stopper sa monoplace en piste. Honda a reconnu un problème lié à la batterie, précisant que l’incident avait perturbé le plan d’essais.

Dans la foulée, l’écurie annonçait un programme « très limité » pour vendredi. Il s’est finalement résumé à six tours espacés, bien loin même des prévisions les plus prudentes.

Shintaro Orihara, directeur général et ingénieur en chef de Honda en piste, a admis : « Notre objectif principal lors des essais de cette semaine était d’accumuler les kilomètres au niveau du groupe propulseur, de vérifier la fiabilité du moteur et de recueillir des données. Nous avons recueilli des données avec succès ; cependant, nous n’avons pas atteint le kilométrage cumulé visé. »

Et d’ajouter : « Globalement, nous ne sommes pas satisfaits de nos performances et de notre fiabilité actuelles. Cependant, nous travaillons tous ensemble à trouver des solutions à Sakura, Milton Keynes et Silverstone. »

Un aveu rare à ce stade de la saison.

Un retard assumé

La fiabilité n’est pas le seul sujet d’inquiétude. La performance pure interroge également. Lance Stroll avait estimé la semaine précédente que l’AMR26 accusait un retard de « quatre à quatre secondes et demie » au tour sur les équipes de tête.

Avant son arrêt jeudi, Alonso reconnaissait : « Nous devons débloquer davantage de performance. (…) Nous sommes un peu en retrait, il faut l’admettre. »

Le double champion du monde se veut néanmoins confiant sur le potentiel du projet : « Sur le châssis, il n’y a aucun doute : nous avons le meilleur avec nous. (…) Je pense que nous trouverons un moyen d’avoir la meilleure voiture à terme. »

Même tonalité du côté de Pedro de la Rosa, en première ligne face aux médias : « Nous ne sommes clairement pas là où nous le souhaitions. Nous sommes l’équipe qui a bouclé le moins de tours lors des essais de pré-saison. Nous aurions préféré en faire beaucoup plus. »

Mais l’Espagnol insiste : « Malgré ce faible nombre de tours, nous disposons d’une quantité considérable de données à analyser pour nous préparer au Grand Prix d’Australie. »

Un début de saison sous pression

Le directeur de l’écurie Mike Krack résume l’état d’esprit du moment : »La principale difficulté a été de gérer des problèmes de fiabilité qui ont limité notre temps en piste. Cela nous désavantage à l’approche du début de saison. »

L’équipe en est consciente. Le nouveau règlement 2026 impose un ensemble inédit : nouveau moteur, nouvelle boîte, nouvelle suspension arrière. Tout est à construire simultanément.

Lance Stroll, lui, appelle à la mobilisation : »La voiture n’atteint pas le niveau de performance souhaité, et nous savons qu’il nous reste beaucoup de travail. La saison est encore longue. »

Un hiver compliqué, un pari à long terme

Aston Martin aborde donc Melbourne avec un déficit de roulage, des interrogations mécaniques et un concept aérodynamique encore en phase d’apprentissage.

Mais le projet s’inscrit dans une vision plus large. Nouvelle infrastructure, partenariat Honda, arrivée d’Adrian Newey : la transformation est profonde. Elle demande du temps.

Le problème, en Formule 1, c’est que le calendrier n’en accorde jamais beaucoup.

En Australie, la réalité du chronomètre tombera. Et Aston Martin devra déjà commencer à combler son retard.

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