Deux à trois arrêts et plus d’usure pour les pneumatiques 2013
Pirelli, lors de sa conférence de presse de pré-saison, précise ses objectifs avec quelques indications sur les spécifications des pneumatiques 2013 et une vision succincte de sa politique de développement.
Pirelli annonçait début octobre dernier que l’ensemble des composants ainsi que les méthodes de conception allaient changer pour 2013. L’unique fournisseur de pneumatiques de la discipline donne, lors de sa conférence de presse de pré-saison, davantage de précisions sur ces futurs changements et sur sa politique en F1. Aujourd’hui, Pirelli se réjouit de poursuivre dans la discipline et qualifie cet investissement comme un échange gagnant-gagnant. C’est ce qu’indique Marco Tronchetti, le directeur général de l’entreprise italienne : « Les écuries sont satisfaites, et nous pensons que ce partenariat avec la F1 est un succès. […] C’est pourquoi je suis confiant au sujet d’un nouvel accord pour l’an prochain […] Nous sommes prêts pour continuer cette aventure si les conditions sont acceptables. Le show a été présent pour les spectateurs, et nous avons contribué à ce qu’il soit plus présent encore ».
En effet, cette politique de changement de composés est directement liée à une volonté de leur part de créer davantage de spectacle. Les composants des pneus 2013 se dégraderont bien plus rapidement. Par conséquent, Pirelli annonce deux à trois arrêts aux stands par course ainsi que des possibilités de dépassement encore plus présentes que l’an dernier. En plus de l’accentuation de l’usure, l’entreprise italienne annonce des performances accrues pour les pneus tendres. D’une manière générale, ces pneumatiques auront une fenêtre de fonctionnement plus étroite incluant donc une dimension stratégique plus importante qu’en 2012. Paul Hembery, directeur sportif chez Pirelli, commente cette orientation technique : « L’objectif est de continuellement fixer des challenges aux pilotes et s’assurer que les écuries débutent la saison avec une variable décisive dans le choix des pneumatiques ». En effet, les écuries ont mis un certain temps à bien comprendre les pneus 2012 avec la dispersion de vainqueurs en début de saison, mais elles ont finalement su s’adapter : « Ceci a mené à une baisse d’intensité de la compétition en fin d’année avec parfois un seul arrêt aux stands. Ce phénomène a déçu beaucoup de fans en 2011. […] C’est pourquoi les écuries nous ont demandé de fournir des pneumatiques plus développés avec quelque chose de nouveau, » précise Hembery.
Ces nouveaux pneus ont été développés avec la même équipe que l’an dernier, qui restera inchangée malgré les rumeurs démenties sur l’intégration de Kamui Kobayashi. En effet, Jaime Alguersuari et Lucas di Grassi restent les pilotes d’essais Pirelli mais sur une Renault datant de 2010. Sur ce dernier point, malgré des évolutions importantes dans les spécifications des monoplaces depuis 2 ans, Hembery indique qu’il n’est pas prévu d’acquérir une voiture plus récente : « Nous allons rester sur cette voiture au moins jusqu’en 2014, où les monoplaces seront totalement différentes […] Et 2014 sera d’ailleurs beaucoup plus caractérisée par de la simulation numérique que des tests sur circuit ». Travailler sur une vielle voiture constitue une certaine part d’inconnu quant au comportement des futures monoplaces en 2013, mais ce non changement peut aussi être vu comme une volonté de Pirelli de ne pas débourser davantage avant d’avoir la certitude d’une reconduction de contrat.