Bilan 2016 – Haas F1 Team : Une première saison et des émotions contrastées

L'équipe Haas a connu bon nombre d'émotions pour sa saison inaugurale. Tout d'abord les joies d'une cinquième et une sixième place, illustrant une belle huitième place finale chez les constructeurs. Mais aussi des déceptions, soulignant des problèmes récurrents sur une voiture encore perfectible...

Bilan 2016 – Haas F1 Team : Une première saison et des émotions contrastées

Les chiffres importants

Place au classement constructeurs : 8ème
Nombre de points marqués  : 29
Meilleur résultat : 5e (Grosjean  : Bahreïn)
Meilleure qualification  : 7e (Grosjean  : Japon, Brésil)

L’arbre du début de saison qui cache la forêt

Nouveau-né de cette saison 2016, le monde de la Formule 1 a scruté avec attention les grands débuts du Haas F1 Team. Tout était à faire pour la structure américaine, qui se base sur un travail en étroite collaboration avec Dallara pour la conception du châssis et Ferrari pour les parties concernant le moteur, la transmission et les suspensions.
Malgré quelques soucis lors des essais privés (notamment la fixation des ailerons), l’équipe de l’entrepreneur Gene Haas, spécialisé dans les machines-outils ; arrivait en Australie avec une base intéressante. Un travail qui se concrétisa d’emblée à Melbourne. Après les difficultés du samedi -avant-dernière ligne pour les deux voitures- Romain Grosjean décrocha la sixième place à Melbourne. Une performance remarquable pour une jeune écurie  : il fallait remonter à 2002 pour voir une équipe rentrer dans les points dés sa toute première course (Toyota avec la sixième place de Mika Salo).
Au-delà de l’exploit, Romain Grosjean avait néanmoins été aidé par le drapeau rouge, brandi suite à l’accrochage spectaculaire entre Fernando Alonso… et Esteban Gutiérrez, son équipier. Le Français avait épargné ses mécaniciens en effectuant son seul changement pneumatique lors de l’interruption. Deux semaines plus tard à Sakhir, le rêve continuait. Le pilote frappé du numéro 8 obtenait encore une magnifique place, la cinquième ; à la régulière, devant une Toro Rosso, une Red Bull et deux Williams !

Toutefois, le soufflet retomba très vite. Le Haas F1 Team découvrait les réalités d’une saison entière de Formule 1. Le team de la bannière étoilée rencontra des ennuis en tous genres. Problème d’ailerons (encore, comme à Austin) mais surtout des soucis de freins, le gros point noir de la Haas VF-16, qui força à un changement de fournisseur en fin de saison. Avec une voiture imprévisible, les séances d’essais libres se révélèrent bien souvent compliquées, ce qui affecta grandement les performances globales. Après Sakhir, l’équipe dirigée par Günther Steiner ne rentra plus dans le top 10 qu’à trois reprises  : en Russie, en Autriche et aux États-Unis. De ce fait, le bilan comptable paraît déséquilibré, avec 28 pts inscrits lors de la première partie de saison… et un point lors de la deuxième partie ! Cette évolution a en fait une explication rationnelle  : face aux changements drastiques de la réglementation 2017, l’équipe n’avait guère le budget pour mener deux combats à la fois. L’usine basée en Caroline du Nord s’est donc tournée dés le mois de mai vers le développement de la future monoplace. Romain Grosjean l’avoua lui-même  : la voiture n’a guère subi de travail en soufflerie, pour faire de la place à la suivante.
Mais la huitième place finale du classement des constructeurs dépasse quand même les attentes pour cette saison inaugurale. Le Haas F1 Team a laissé derrière lui trois équipes  : Manor, Sauber et surtout le Renault F1 Team.

Un match Grosjean-Gutiérrez à sens unique ?

Recruté comme tel, Romain Grosjean s’est imposé sur la piste comme le leader du Haas F1 Team. Avec 29 unités marqués, le pilote tricolore a marqué tous les points de son écurie en 2016 ! Une performance forcément parlante dans le match direct face à son équipier.

Mais en analysant en profondeur les chiffres, une information ressort. Devant dans le match des Qualifications (12-9), le champion GP2 2011 perd la main en course ! Si nous prenons les treize courses où les deux voitures ont vu l’arrivée, on constate qu’Esteban Gutiérrez remporte la bataille  : 7-6.

Heureusement pour lui, l’ex-pilote Lotus a maximisé les performances de sa voiture au moment où il le fallait. Sauf bien évidemment au Brésil. Qualifié septième, Grosjean avait un bon coup à jouer. Sur la piste détrempée d’Interlagos, il échoua sa monoplace dans les barrières, dés son tour de reconnaissance, avant même d’arriver sur la grille…
Dans une saison rendue difficile par l’évolution de sa voiture, le désormais centenaire -102 Grand Prix disputés depuis 2009- a d’ailleurs bien souvent manqué de patience. Ses plaintes à la radio ont été nombreuses. Sous le coup de l’émotion d’une qualification difficile à Singapour, il affirma même à son ingénieur conduire « la pire voiture de sa vie » ! Des mots qui resteront cependant sans conséquences selon Günther Steiner tant le Français est positivement impliqué dans le développement de la voiture. Fougueux mais passionné, Grosjean l’a de toute façon promis  : on ne le reprendra plus pour 2017 !

Comme en 2014, Esteban Gutiérrez n’a de son côté pu inscrire le moindre point en 2016. Pourtant, l’ancien pilote Sauber aurait mérité une telle récompense. Il n’est pas passé loin du but, en terminant à cinq reprises en onzième position à l’arrivée ! Sa déception restera le Grand Prix d’Italie. Après avoir glané la première Q3 de l’histoire de la jeune écurie (10e), le Mexicain ne transforma pas l’essai avec une treizième place finale.

Malgré un bilan guère déshonorant face à un Grosjean solide, son rythme global fut un ton en dessous le dimanche. Il n’a parcouru que 408 tours devant, contre 492 pour le natif de Genève. Et surtout, il se montra bien plus brouillon que son voisin de garage, en provoquant à deux reprises un crash au premier tour, à chaque fois face à Nico Hülkenberg. Il se fit aussi remarquer par un non-respect abusif des drapeaux bleus, en gênant à plusieurs reprises les leaders en course. Ce qui provoqua par exemple l’ire de Lewis Hamilton en Hongrie.

Dés lors, son éviction de l’écurie pour 2017 est assez logique. La Formule 1 est un monde impitoyable et il faut saisir sa chance au bon moment, ce que n’a probablement pas fait le Mexicain, qui boucle déjà sa troisième saison pleine dans la discipline reine. Il y en aura t-il une nouvelle ? Des discussions avec Manor et Sauber sont en cours…

Un travail de fond pour 2017, agrémenté d’un nouveau pilote

Le duo de la saison prochaine a donc subi une retouche, avec l’arrivée du Danois Kevin Magnussen, qui était déjà un choix prioritaire de l’écurie en 2015, avant de se tourner vers Romain Grosjean. L’ex pilote Renault devrait apporter plus de constance et de vitesse.
De toute évidence, même si son mode de travail étonne, la structure Haas a accompli une saison plus que correcte.
D’autant plus que Günther Steiner est clair à ce sujet : bien aidé par le partenariat avec Ferrari, le Haas F1 Team n’en aurait quand même pas excédé son budget prévisionnel !
Et maintenant, quelle sera la courbe de progression ? Si l’équipe s’évite les soucis en essais libres et suit un rythme soutenu de développement, alors le meilleur sera à venir pour l’an prochain. Comme beaucoup de monde parmi les « petits », Grosjean et Magnussen attendront beaucoup du changement de réglementation. Une entrée plus régulière dans les points est à espérer pour le Haas F1 Team.

N’oubliez pas de voter pour votre top 10 des pilotes de cette saison 2016 !

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