Boullier revient sur ses débuts chez McLaren F1 et sur Magnussen
Eric Boullier est revenu sur ses débuts chez McLaren F1 et sur ceux du jeune Kevin Magnussen.
Dans un entretien accordé au site officiel de la Formule 1, Eric Boullier, le directeur de la compétition de McLaren, est revenu sur le début de saison de Kevin Magnussen mais aussi sur ses premiers mois à la tête du sportif à Woking.
Kevin Magnussen a remporté le titre en Formule Renault 3.5 l’année dernière et a été propulsé pilote titulaire chez McLaren ; Eric Boullier nous explique les difficultés rencontrées par ce rookie qui a l’habitude de gagner : « Kevin rencontre le syndrome du débutant. Ils ont du mal à comprendre que la voiture qu’ils essaient de développer leur offre un résultat qui ne les satisfait pas, si vous n’avez pas la meilleure voiture, vous ne pouvez pas gagner. C’est là qu’ils ont le plus de mal. Pour le reste c’est très bien, il a pris ses marques, son retour est bon et il arrive à rassembler toute l’équipe autour de lui pour rendre la voiture plus rapide. Il s’en sort très bien pour un rookie ».
Lors du week end du grand prix d’Espagne, Jenson Button avait déclaré que McLaren avait besoin de deux pilotes expérimentés, Boullier, quant à lui, nie cela : « Je ne pense pas que ce soit plus difficile d’avoir un rookie plutôt que deux pilotes expérimentés. Un jeune comme Kevin fait une grande partie du travail et apporte le retour nécessaire pour répondre à certaines questions de l’équipe. Lorsque l’on a quelqu’un d’expérimenté comme Jenson, on a un meilleur retour et l’on peut creuser plus loin pour trouver des solutions », conclut-il.
En ce qui concerne sa « fabuleuse ascension personnelle » dans le sport automobile et surtout la Formule 1, le directeur de la compétition reste très évasif. « Fabuleuse ascension : c’est une expression que je vous laisse, le sport automobile c’est ma vie. Je ne me rends pas forcément compte de ce que je fais et où je suis. Je prends les opportunités comme elles se présentent et j’essaie de faire de mon mieux. Je ne vois pas cette arrivée chez McLaren comme une ascension, et ce n’était pas du tout dans un plan de carrière car jamais je n’aurais pensé travailler en Formule 1. Cette opportunité et la manière dont cela s’est fait, je refuse d’en parler très sincèrement. Le rationnel et l’irrationnel se mêlent dans cette décision. Il y a aussi tout un tas de raisons qui n’ont pas besoin d’être publiques »
Pour Eric Boullier, l’ampleur de la tâche est grande, remettre l’équipe du Woking sur les rails va être difficile, mais pas impossible. Le premier objectif est de retrouver une équipe compétitive. « La tâche est plus importante que je ne le pensais. Je ne l’avais pas sous-estimée, c’est juste que je ne m’attendais pas à certaines choses. Ron Dennis est peut-être venu chercher une méthode Eric Boullier. C’est un compétiteur. Il a vite compris que McLaren a grandi, a multiplié ses activités et est devenu plus une société d’ingénierie qu’une écurie de course. Elle a perdu en compétitivité. A mon arrivée, il m’a dit : tu ne t’occupes que de la F1. Puis il m’a dit que ça passait par une remise à zéro de la culture de la société pour ramener un esprit « racing ». Il faut que les gens se comportent comme des « compétiteurs » et non comme des managers. C’est une grosse transition. Les changements que j’impulse ne sont pas forcément radicaux mais certains ont déjà compris ce qu’il va se passer. Je n’ai pas l’âme d’un tueur mais c’est vrai que je peux mettre des personnes en difficulté si elles ne répondent pas à mes attentes. Mon but est de savoir ce que McLaren est capable de faire et où est-ce qu’on va. »
A une semaine du GP du Canada, le directeur sportif croit aux chances de ses pilotes ; le circuit étant surtout pourvu de lignes droites et de chicanes, le tracé correspond mieux à la voiture. Après un Grand Prix avec les deux monoplaces dans les points sur le mythique circuit de la Principauté, les gris veulent continuer sur leur lancée.