Essais hivernaux à Bahreïn : Red Bull, l’avantage « effrayant » qui fait déjà trembler la concurrence ?

C’est le grand classique de chaque pré-saison : le jeu du chat et de la souris, ou plutôt celui de « qui a la plus grosse… marge de progression ». Mais à Bahreïn, derrière l’intox habituelle, une véritable inquiétude pointe chez certains pilotes quant à la performance de Red Bull.

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Isack Hadjar au volant de l’Oracle Red Bull Racing lors des essais de pré-saison 2026 de Formule 1 à Bahreïn, disputés du 11 au 13 février.
Overtake Agency / Romain Mathon

Si vous cherchiez de la clarté après cette première semaine de tests, repassez plus tard. Alors que les chronos bruts ont mis en lumière McLaren et Ferrari, puis Mercedes ce vendredi, c’est bien vers le garage Red Bull que tous les regards convergent. Pourquoi ? Parce que pour la première fois, l’écurie de Milton Keynes s’aligne avec son propre moteur, le Red Bull Powertrains (RBPT). Et selon la concurrence, ce pari risqué serait déjà une réussite totale.

Russell tire la sonnette d’alarme

George Russell n’a pas pour habitude de mâcher ses mots, mais son constat au soir du jour 3 a de quoi donner la puce à l’oreille de ses rivaux. Pour le pilote Mercedes, ne vous fiez pas à la feuille des temps : la référence, c’est Red Bull.

« Je ne pense pas que quiconque devrait nous regarder nous. Vous devriez regarder la voiture la plus compétitive de la grille qui, à l’heure actuelle, est la Red Bull », a tranché le Britannique.

Ce qui inquiète Russell, ce n’est pas la vitesse de pointe absolue, mais la gestion de l’énergie, clé de voûte du règlement 2026. « Ce n’est pas juste une petite avance. On parle de l’ordre d’une demi-seconde à une seconde en déploiement sur un tour. C’est assez effrayant de voir cette différence. »

Toto Wolff abonde dans le sens de son pilote, évoquant un Verstappen « très, très fort » et un Power Unit qui fait déjà office de « référence ». Quand Mercedes complimente Red Bull aussi ouvertement, deux options s’offrent à nous : soit la W17 est une charrette et ils préparent le terrain (ou le bluff), soit la RB22 est effectivement un monstre d’efficacité énergétique.

Max Verstappen dans le paddock lors des premiers essais officiels de pré-saison à Bahreïn.
Max Verstappen dans le paddock lors des premiers essais officiels de pré-saison à Bahreïn. (Overtake Agency / Romain Mathon)

Red Bull joue la carte de l’outsider (mais personne n’y croit)

Face à ces éloges, Red Bull a sorti son meilleur visage de joueur de poker. Pierre Waché, le directeur technique français de l’équipe, tente de calmer le jeu avec une insistance presque suspecte.

« Nous ne sommes pas la référence, c’est sûr », assure Waché. Selon lui, Ferrari, Mercedes et McLaren sont devant. Il pointe même des faiblesses structurelles : « Clairement, la traction et les virages à vitesse moyenne, ce n’était déjà pas notre force l’an dernier. Ils sont plus forts que nous. »

Waché affirme que Red Bull est, « au mieux, la quatrième voiture ». Une déclaration qui a fait sourire plus d’un ingénieur dans la voie des stands, surtout quand on écoute les retours d’Isack Hadjar. Le jeune Français, très en verve, a peut-être vendu la mèche en qualifiant le nouveau moteur de « puissant » et « fiable », ajoutant que les progrès sont « meilleurs que prévu ».

Reste que pour comprendre la peur de Russell, il faut se pencher sur la technique. En 2026, la puissance électrique grimpe à 350 kW (près de 50% de la puissance totale). Le défi n’est plus seulement d’aller vite, mais de gérer les 8,5 MJ alloués par tour en mode Boost.

Si le moteur Red Bull permet de régénérer l’énergie plus efficacement ou de la déployer plus longtemps sans « clipper » (coupure de l’électrique en fin de ligne droite), c’est un avantage colossal. Russell parle d’une seconde au tour gagnée uniquement sur la gestion électrique. Si c’est avéré, le championnat pourrait se jouer sur la capacité des batteries et des MGU-K, et non plus sur l’aéro pure.

Norris tacle Verstappen : « S’il n’aime pas, il peut prendre sa retraite »

Pendant que les ingénieurs s’écharpent sur les MJ et les kW, les pilotes règlent leurs comptes sur le plaisir de conduite. Max Verstappen, puriste, n’a jamais caché son aversion pour ces nouvelles règles, les qualifiant d’« anti-course » à cause de la gestion excessive qu’elles imposent.

Une critique balayée d’un revers de main par le champion en titre, Lando Norris. Le pilote McLaren, toujours aussi cash, a renvoyé le Néerlandais dans ses cordes : « Je me suis beaucoup amusé. Si Max veut prendre sa retraite, il peut le faire. Personne ne l’oblige à être là », a lâché Norris, sur le second degré, on l’imagine, vu leur proximité en dehors du circuit. « On est payés des sommes stupides pour conduire, on ne peut pas vraiment se plaindre. C’est un défi, il faut piloter différemment. Il n’aime pas ça, moi si. »

L’ambiance est posée. Entre un Red Bull qui cache son jeu, un Mercedes qui crie au loup et un Norris qui chambre son rival, on attend le début de cette saison 2026 avec impatience. Rendez-vous à Melbourne pour voir qui bluffait vraiment…

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