Jour 3 des essais hivernaux à Bahreïn : Mercedes sort les griffes avec un doublé
Après Lando Norris mercredi et Charles Leclerc jeudi, c’est au tour de Mercedes de hausser le ton. Pour cette ultime journée de la première session d’essais 2026 à Sakhir, l’Étoile a brillé, plaçant son duo au sommet de la feuille des temps.
Si le paddock cherchait à établir une hiérarchie claire après trois jours de roulage sous la nouvelle réglementation 2026, c’est raté. Ou du moins, c’est devenu passionnément complexe. Après McLaren mercredi puis Ferrari jeudi, Mercedes a tenu à rappeler qu’elle abordait ce nouveau cycle technique avec de très sérieuses ambitions.
La W17, qui avait connu une journée de jeudi hachée par des soucis d’unité de puissance sur la monoplace d’Antonelli, a affiché une santé de fer ce vendredi. Le message est passé : la fiabilité est revenue (pour le moment, du moins), et la performance est là (pour le moment, du moins, bis).
Antonelli et Russell, seuls sous les 1’34
La journée a d’abord été la propriété de George Russell. Le Britannique a dominé la matinée en 1’33’’918, avant de céder son baquet. L’après-midi, c’est donc le prodige italien Andrea Kimi Antonelli qui a pris le relais. Malgré un temps de piste réduit par le travail des mécaniciens sur la monoplace, le jeune pilote de 19 ans a claqué un 1’33’’669.
C’est un doublé symbolique mais marquant : les deux Flèches d’Argent sont les seules monoplaces à être descendues sous la barre des 1’34 durant cette semaine bahreïnie. Une manière d’effacer les doutes de la veille et de poser Mercedes en favorite… du moins sur un tour.
Hamilton : marathon et panne sèche ?
Derrière le duo de Brackley, on retrouve un certain Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde vêtu de rouge a connu sa journée la plus productive au volant de la Ferrari. Troisième temps en 1’34’’209 (signé le matin), il a surtout impressionné par sa constance sur les longs relais.
Avec 150 tours au compteur – soit plus de deux distances de Grand Prix – Hamilton a emmagasiné une quantité phénoménale de données. Seule ombre au tableau : sa Ferrari s’est immobilisée au virage 8 dans les dernières minutes de la séance. Si la Scuderia reste discrète, les observateurs en bord de piste penchent pour une panne d’essence volontaire (test de jauge) ou un souci mineur, plutôt qu’une alerte mécanique grave.

Le poker menteur de Russell face à Red Bull
C’est le jeu habituel des essais hivernaux : « Nous sommes rapides, mais regardez les autres ». Malgré le doublé Mercedes, George Russell a jeté un pavé dans la mare en désignant Red Bull comme la véritable référence technique du plateau 2026.
« La chose la plus inquiétante pour tout le monde, c’est la performance de Red Bull, surtout du côté moteur », a lâché Russell. « Ils semblent avoir une longueur d’avance en matière de déploiement d’énergie. On parle d’une demi-seconde à une seconde sur un tour. C’est assez effrayant. »
Intox ou réalité ? Au chrono, Max Verstappen (P5) et Isack Hadjar (P6) sont en tout cas restés en retrait, à plus d’une seconde et demie. Mais Hadjar s’est montré très enthousiaste concernant le nouveau groupe moteur de Milton Keynes. Le chronomètre ne dit pas tout, et Mercedes semble redouter l’efficacité électrique du taureau rouge.
McLaren enroule, Aston Martin s’inquiète
Du côté de Woking, on a misé sur la fiabilité. Oscar Piastri termine 4e mais s’adjuge surtout le titre de stakhanoviste du jour avec 161 tours. Au cumul de la semaine, McLaren affiche le plus gros kilométrage, un signe rassurant pour la fiabilité de leur package.
Le tableau est beaucoup plus sombre chez Aston Martin. Lance Stroll (15e) a dressé un constat alarmant (on ne change pas certaines habitudes…), estimant le retard de son équipe à quatre secondes et demie sur les leaders. Une éternité en F1.
Pour les nouveaux venus, le bilan est contrasté : Cadillac a connu des débuts laborieux. Valtteri Bottas a provoqué un drapeau rouge le matin (problème de refroidissement), limitant son roulage avant que Sergio Pérez ne parvienne à boucler une distance de course l’après-midi.
Audi place de son côté Nico Hülkenberg dans le top 10 (10e), tandis que Gabriel Bortoleto termine 14e. Une entrée en matière prudente mais studieuse pour la marque aux anneaux.
En bref : le milieu de peloton se cherche
Dans le « midfield », Haas place ses deux pilotes dans le Top 10 (Ocon 7e, Bearman 9e), encadrant l’Alpine de Franco Colapinto (8e), très assidu avec 144 tours. Williams a connu une journée plus brouillonne, Alex Albon (11e) et Carlos Sainz (13e) ayant été vus en difficulté au freinage, tirant tout droit à plusieurs reprises.
Le bilan de cette première semaine ? Mercedes a la vitesse pure, Red Bull fait peur avec son moteur, McLaren est une horloge suisse et Ferrari est dans le match. Les écuries vont désormais éplucher les téraoctets de données avant de revenir à Sakhir pour la seconde et dernière session, du 18 au 20 février.
Les chronos commencent à parler, mais comme toujours, il faudra attendre Melbourne pour que les masques tombent définitivement…
| Position | Pilote | Écurie | Meilleur temps | Tours parcourus |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Kimi Antonelli | Mercedes | 1:33.669 | 49 |
| 2 | George Russell | Mercedes | 1:33.918 | 78 |
| 3 | Lewis Hamilton | Ferrari | 1:34.209 | 138 |
| 4 | Oscar Piastri | McLaren | 1:34.549 | 153 |
| 5 | Max Verstappen | Red Bull | 1:35.341 | 61 |
| 6 | Isack Hadjar | Red Bull | 1:35.610 | 53 |
| 7 | Esteban Ocon | Haas | 1:35.753 | 68 |
| 8 | Franco Colapinto | Alpine | 1:35.806 | 137 |
| 9 | Oliver Bearman | Haas | 1:35.972 | 70 |
| 10 | Nico Hulkenberg | Audi | 1:36.291 | 49 |
| 11 | Alex Albon | Williams | 1:36.793 | 71 |
| 12 | Liam Lawson | Racing Bulls | 1:36.808 | 119 |
| 13 | Carlos Sainz | Williams | 1:37.186 | 68 |
| 14 | Gabriel Bortoleto | Audi | 1:37.536 | 60 |
| 15 | Lance Stroll | Aston Martin | 1:38.165 | 69 |
| 16 | Valtteri Bottas | Cadillac | 1:38.772 | 37 |
| 17 | Sergio Perez | Cadillac | 1:39.251 | 62 |